Nous étions des êtres vivants-Nathalie Kuperman-

Publié le par S ROY

 

Nous-etions-des-etres-vivants.gif

 

      Ca commence très doucement :

   Dans une maison d'édition pour enfants, c'est l'inquiétude chez les employés. La "boite", plus assez rentable, vient d'être rachetée par Paul Cathéter, un homme d'affaire aux allures et à la conduite de voyou brutal et vulgaire.

   Tous savent qu'ils va y avoir des licenciements. Tous espérent sauver leur peau, c'est-à-dire leur emploi. Chaque paragraphe donne la parole à un personnage de ce drame de notre société moderne.

   Nous apprenons à connaître Muriel Dupont-Delvich, Ariane Stein, Agathe Rougier, Patrick Sabaroff. Leur terreur à l'idée de finir au chômage, leurs histoires de familles, leurs complexes, leurs petites manies et leur petits plaisirs. De loin en loin, un paragraphe donne la parole au choeur, comme dans les tragédies antiques. Le choeur, c'est la collectivité des salariés, déroutés par la façon brutale et irrespectueuse dont ils sont traités, le choeur qui se pose des questions, qui souffre et sue d'angoisse, en grosse bête collective qu'il est.

   Un drame sordide se noue dont l'enjeu est la survie au sein de l'entreprise et la promotion au rang de "directrice générale" ou de "bras droit de la directrice générale" obtenue au prix de compromissions morales abjectes, sous la houlette d'un homme sans scrupules. Le plus horrible et le plus machiavélique des personnages n'est pas celui qui est désigné comme tel au début de l'ouvrage...

   Petit à petit, on apprend à connaître les employés de la société d'édition, on s'attache à eux, on s'intéresse à leur sort et on fini le livre sur les chapeaux de roue, captivé par cette histoire de naufrage culturel, économique et social...Ce n'était pas gagné !

   Les batailles internes sans pitié qui se jouent au sein d'une entreprise sont de véritables guerres, aussi cruelles moralement que les combats au fusil et à la mitraillette. Le désir de sauver son emploi justifie-t-il toutes les compromissions ?


Publié dans Lectures

Commenter cet article